Le collectif AZIMUTT

« Nous avons créé cette association à but non lucratif de 5 photographes, pour pouvoir, en plus de nos commandes photographiques, créer sans contrainte ni censure. Elle a existé de 1992 à 2008 en donnant naissance régulièrement à un projet commun (expositions, animations, formations…) ».

 

 

 

 

Denis Rebord

 

Denis poursuit un travail entamé au Yémen, sur la photographie de cet instant particulier de la journée entre chien et loup. Retrouver dans une lumière singulière, dans les couleurs, les sensations de ce temps fugitif, moment mystérieux et insondable entre le jour et la nuit, celui des possibles.

Sur le sentier, il travaille en argentique, en pauses longues (10-15minutes). Les photos ne sont pas retouchées au tirage, le travail du tireur (qu’il est par ailleurs), il le réalise le temps de la pause, maquillant, surlignant de son faisceau lumineux certains points du paysage. Retrouver le plaisir de l’affût, de l’attente, de la surprise avec son côté stimulant de ne pas savoir et toujours rechercher à voir autre chose.

Sa photo du sentier au dessus de La Matte, révèle particulièrement son travail par les tonalités des couleurs, les aplats, la gamme des verts, il se dégage alors du paysage une atmosphère d’une grande douceur et un certain mystère.

 

 

Anna Puig Rosado

Anna est la voyageuse du collectif, passionnée par la couleur, habituée des reportages à travers le monde, et surtout le moyen orient, elle aime photographier les hommes et les femmes. Sur le sentier elle a souhaité se surprendre, en découvrant la nature, dont la photographie habituellement l’ennuie, sans artifice, en travaillant en argentique. Et la surprise fut grande ! « plus je marchais, et plus il y avait de jeux entre le sentier et moi. Tout s’animait. Les traces des hommes, les jeux de lumière, de reflets, les insectes, les arbres, en observant de près, en essayant de percer les mystères… ».

Ce travail lui a donné l’envie de photographier des choses plus proches d’elle, par exemple son village dans la Drôme. Elle retient ce moment dans une forêt de chênes verts, soudain animés par le vent, leur chant angoissant ; l’envie de recréer le mouvement de ces troncs donne finalement à sa photo un graphisme similaire à celui d’un pastel crayonné.

 

 

Florence Levillain

Florence est résolument citadine. A l’étranger comme en France elle aime capter la vie contemporaine urbaine. Les jeunes, la ville, les femmes de Rungis sont autant de sujets de commandes que de préoccupations personnelles. Sur le sentier, attirée par les gens plus que par la nature, elle s’est interrogée sur comment les habitants s’accompagnaient de cette nature si forte, si présente. Elle souhaitait les représenter dans leur environnement, juxtaposant dans la même netteté, un détail du visage (le regard souvent, intense) et un détail de leur décors quotidien. Toujours chaleureux dans leur accueil, elle les a sentis respectueux, pudiques presque, « ils ne s’étalent pas », et a cherché à les photographier en préservant leur intimité, sans les dévoiler totalement. Pour cela elle a mis en place un dispositif spécifique, utilisé une loupe, fabriquée spécialement pour ce reportage, qui permet cette double précision. S’approchant parfois à 10 cm des visages, ses photos montrent à la fois ce respect et cette complicité créée au cours de ces rencontres.

 

 

Stéphane Kovalsky

Stéphane photographie surtout les gens (comme indépendant aujourd’hui, pour la presse de proche banlieue parisienne pendant 10 ans) du président du Conseil Général, aux artistes, aux habitants des quartiers sensibles. Il n’a jamais vécu à la campagne, et sur le sentier, il souhaitait surtout rencontrer les habitants, les photographier dans leur environnement en focalisant sur eux. Pour la première fois, il a utilisé la chambre grand format que venait de lui transmettre son grand père, le photographe Willy Ronis. Cet appareil oblige à un temps de préparation et de prise qui laisse le temps à la rencontre avant le portrait, le côté inhabituel de la chambre ajoutant à la surprise. Le portrait se fait alors bien « avec » les gens. Il a choisi un dispositif de prise de deux (parfois 3) vues de chaque personne, en deux temps différents, deux lumières. Il les assemble en prenant soin de laisser cette part de vide, de pudeur laissée aux gens.

 

 

Véronique Le Lann

Véronique est photographe indépendante. Appelée souvent pour son regard sur les scènes familiales, elle a aussi fait un travail important sur l’eau et les bords de mer. Depuis 4 ans elle s’intéresse au paysage, au travers notamment d’un travail personnel sur les arbres. Sur le sentier, elle a d’abord été marquée par l’extrême variété des ambiances et des paysages parcourus : bois de pins verticaux et réguliers, troncs noueux des châtaigniers, monde fantastique des bois de chênes verts, cerisier dans un pré vert tendre … Ses photographies panoramiques sont un cinéma intérieur surgit au long d’une randonnée solitaire propice à l’évasion, au rêve éveillé. Au rythme de la marche répond le rythme des troncs, une sorte d’alphabet apparaît. Le monde végétal anime un film intérieur, comme un jeu, parfois fantastique avec des monstres tentaculaires prisonniers des pins, parfois apaisé, parfois divin dans les jeux de lumière.