Bastien Mignot

Nachleben, vidéo, 2013

Nachleben s’inspire de La danse de la sorcière de la chorégraphe allemande Mary Wigman. La vidéo cherche à faire revivre le fantôme de cette danse qui ne nous parvient aujourd’hui que par ses traces et à faire exister les fantômes que la danse elle-même appelle de ses gestes. Il s’agit d’évoquer autant la danse disparue et ce qu’il en reste que l’invisible de cette danse.

 

Né en 1982, Bastien Mignot est danseur et chorégraphe. Il crée des formes perfomatives, entre vidéo, danse, théâtre et arts plastiques dont les traces constituent une des formes achevées. La collaboration fait partie intégrante de son processus de création : photographe, musiciens ou encore danseurs. En 2015, il crée une pièce radiophonique « le spectre du spectre des spectres » sollicité par France Culture :

http://www.franceculture.fr/emissions/creation-air/acr-le-spectre-du-spectre-des-spectres.

La suite d’oeuvres filmées, photographiées et performées « Alors qu’un certain nombre de choses avaient disparus », crée en partie à l’Atelier Refuge a été exposée à Montpellier dans le cadre des Boutographies 2015 ainsi qu’au Lux à Valence dans une exposition programmée par Christian Rizzo.

 

« Je m’intéresse à la ruine, au paysage, aux mythes et à la trace laissée sur terre par l’activité humaine. Mon travail est polymorphe et trouve ses origines dans une enfance plongée au cœur des éléments bruts d’un paysage. J’ai construit un rapport fort à une mémoire quasi inconsciente et à la contemplation. François Julien dans son ouvrage « Vivre de paysage » dit que « le fait du paysage est de faire affleurer physiquement de l’existence ».

Je donne à voir le paysage et le théâtre, dans leurs potentiels de mouvement, de sonorité et de poésie, comme un corps vivant. Je n’essaie pas de faire croire à quelque chose à partir de ce qui est là mais plutôt de donner à sentir la matière, le poids, la texture sonore, le potentiel poétique de ce qui constitue le paysage. Les éléments présents sont manipulés dans leur contexte et deviennent les protagonistes du théâtre dont ils sont d’habitude les moyens. Dans le paysage j’inscris des éléments hétérogènes et des artifices qui viennent révéler des potentiels de fiction.

Je trouve mon inspiration dans la littérature, la poésie, les sciences occultes et les cosmogonies. Je me laisse facilement aller au romantisme, à la science fiction, au mysticisme et à la métaphysique. Mes vidéos, photos, pièces et performances traitent de nature, de disparition, d’érosion, de peuples invisibles, de fantômes, du passé historique et d’une réalité contemporaine apocalyptique. Une part irréductible d’obscurité, de mystère et de flottement enveloppe toutes ces manifestations comme une légère brume. L’invitation et la collaboration sont deux modalités récurrentes et primordiales dans ma méthodologie de travail, elles infléchissent voire conditionnent les formes. » B.M.